dimanche 11 septembre 2011

La Joconde de La Piscine et de Foujita


Cette oeuvre de Foujita se mérite à La Piscine: elle est accrochée dans l'une des dernières salles, un peu en retrait. Comme par discrétion, comme par pudeur. Et pourtant Dieu sait si cette femme "au café" accroche le regard! Comme un Joconde. D'ailleurs c'est notre Joconde!
Voici ce que dit de cette toile Sylvie Buisson, chercheuse, experte de Foujita, et onservatrice du musée du Montparnasse à Paris.
« Foujita peint cette toile en 1949 à New York. Il vient de quitter, avec l'aide du général MacArthur, le Japon où il avait été contraint de rester pendant la guerre. Derrière ce personnage méditatif, il y a l'âme du peintre qui essaie de se retrouver après cette période trouble. "Au café" est une synthèse des styles successifs de Foujita. La couleur ivoire, nacrée, rappelle ses grandes toiles à fond blanc - fait de poudre de coquillage et de colle - des années 20. Le buvard, l'encrier et le verre de vin au premier plan font penser à ses natures mortes de 1926 à 1930. Et la palette colorée vient de son séjour en Amérique latine dans les années 30.

Dans cette scène de café parisien, Foujita exprime aussi sa mélancolie de Montparnasse, où il a vécu dix-huit ans aux côtés de ses amis Picasso, Soutine et Modigliani. A l'arrière-plan, on voit La Petite Madeleine, un café montmartrois du XIXe siècle où se retrouvaient les impressionnistes. Cette toile est d'ailleurs une référence à Manet, mais aussi aux petites femmes de Paris de Toulouse-Lautrec. Celle-ci, prostituée ou demi-mondaine, ne s'inspire sans doute pas d'un modèle. C'est plutôt une femme idéalisée, synthèse de celles que Foujita a connues. »

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